Le landseer, tout comme son cousin noir ou brun le terre-neuve, est originaire de terre-neuve. Ce qui ne signifie pas qu'il soit une variété de terre-neuve ! Au contraire, de nombreuses différences les distinguent, non seulement la couleur, mais aussi la taille et le type.Comme pour le terre-neuve, les origines lointaines du landseer restent incertaines. Les Vikings ont découvert l'île de terre-neuve aux environs de l'an 1000 de notre ère, mais ce n'est qu'après la seconde découverte en 1497 par John Cabot, que le landseer fut introduit en Angleterre.Les plus anciennes représentations de Landseer que nous connaissons, remontent au début du XVIIè siècle. En effet, c’est sans aucun doute sur un tableau de 1655 peint par Sir Peter Lely et représentant le jeune Henry Sidney (plus tard Earl of Romney) avec son chien, que le «Newfoundland-dog » fut identifié.Il semble que la famille du jeune homme avait des liens avec l'île de terre-neuve, ce qui peut expliquer la présence du chien. C'est sous le nom de Newfoundland dog (chien de terre-neuve) que vivait le landseer au XIXème siècle en Angleterre et sur le continent européen. Cette race se répandit rapidement grâce à sa popularité. De nombreux peintres célèbres de cette époque comme Sir Thomas Lawrence, George Morland, R.R.Reinagie et George Srubbs l'immortalisèrent.On le représentait notamment accompagnant des nobles et des jeunes filles, comme gardien ou jouant avec des enfants. Le caractère amical et agréable de la race était déjà reconnu.Finalement, ce sera également grâce à un peintre, Sir Edwin Landseer (1803-1873) que le Newfoundland dog porte son nom actuel. Les représentations saisissantes de cette noble et vieille race restent de véritables monuments

Le landseer connu son apogée au début du XIXè siècle, en Angleterre. Son élevage était très répandu et fut une des causes de son déclin rapide et foudroyant. Une multiplication exagérée et sans planification épuisa toutes les possibilités de cette race si fière. De tels exemples existent malheureusement aussi parmi les élevages de certaines races actuelles. Le 12 octobre 1902 naissait à Vevey, sous l'affixe "de Vevey" de M. Meystre, la première portée de landseer. Les parents, importés d'Angleterre mais déjà croisés avec des terre-neuve modernes, transmirent les gènes des anciens Newfoundland dog.

Au début de notre siècle, Messieurs Meystre et Schlittler-Laagler, élevage "de Mollis" (canton de Glaris), ont réalisé un véritable travail de pionniers dans l'élevage du landseer pur avec des chiens importés d'Angleterre et des chiens "De Vevey". Ces deux hommes étaient soutenus et surveillés avec bienveillance par le professeur Albert Heim. Celui-ci, digne de foi, communiqua la renaissance du vieux Newfoundland dog, difficilement purifié de tous les croisements anglais. Le fil conducteur idéologique des deux éleveurs était le plus ancien standard existant, soit celui de 1881 du "Club pour l'anoblissement des races de chiens" originaire d'Allemagne. Ce standard, contrairement à celui plus récent du Club anglais du terre-neuve (1886), distinguait les deux races, tant pour les jugements que pour l'élevage. Le docteur Paul Trâger, éminent membre du "Club allemand du terre-neuve pour le continent , partageait ce point de vue et annonça, au début de ce siècle : ".. j'ai la très nette impression que ces deux races soeurs ne sont pas séparées uniquement par la couleur. Les landseer m'ont frappé par leur taille et leur masse. La forme de la tête est aussi très différente... On ne peut donc plus prétendre qu'une race serait issue de l'autre".

Entre 1902 et 1913, naissaient chez nos deux éleveurs une centaine de chiots : une base d'élevage de landseer pur semblait assurée. Mais, survint la Première Guerre Mondiale. Comme pour l'Europe toute entière, ce fut, bien sûr, une grande catastrophe pour cette nouvelle race en construction. Quelques rares éleveurs courageux tentèrent, avec diverses méthodes, de poursuivre le travail tout juste entamé. Finalement, certains y sont parvenus : en 1917, dans l'élevage "von Adlergarten" de Madame Sulzer-Bühler à Winterthour, naissait une portée du croisement "Miss von Mollis" avec son oncle "Pascha Major II".

Une seconde base d'élevage du landseer continental européen (E.C.T. = European Continental Type), commença en Autriche. En 1922 naissait une portée autrichienne "von Dischosgasse" chez le peintre W.Hühnl à Linz sur le Danube. La mère de cette portée était "Myra v.d. Fôrgenau", elle-même fille de "Royal Princess Maud" qui appartenait antérieurement à Schlittler-Laager. Elle partit pour l'Autriche, chez M. Höhnl, lors de la dissolution de l'élevage "von Mollis".

La troisième origine du landseer se trouve finalement en Hollande. Un certain M. Lunter de Enschede se procura "Flora" en Allemagne. Cette chienne était, semble-t-il, de famille autrichienne. Du croisement de "Flora" avec le mâle "Adonis v.Dischafsqasse" naissaient "Hans" et " Grete v.Landseerheim". Ces deux chiens se retrouvent dans l'arbre généalogique de presque tous les landseer actuels.

Pour élargir la base d'élevage et donc pour la survie de la race, Monsieur Lunter comprit qu'il fallait intéresser d'autres cercles de gens en Europe.

C'est à cette époque, au début des années 30, que les frères Walterspiel, avec leur élevage "v.Schartenberg", entrèrent enjeu. Cette famille a porté, pendant environ 40 ans, l'élevage de cette noble race au niveau actuel.

Pendant les années 50, le Landseer est enfin reconnu en tant que race par la cynologie officielle.

Sous la plume d'Emil Burkhard (membre fondateur, président, puis président d'honneur du Club suisse du terre-neuve), le club suisse et le club allemand ont déposé conjointement une demande auprès de la FCI pour reconnaître enfin le standard de la race landseer.

Emil Burkhard affirma fermement: "le Landseer présente des particularités anatomiques et il ne possède pas forcément les mêmes spécificités physiques et psychologiques que le Terre-neuve". En 1960, la FCI donne suite aux demandes des deux clubs, et le standard du landseer est inscrit sous le numéro 226.

Dans un passé plus récent, la création, en 1976, du Club allemand du landseer, eut pour conséquence la mise sur pied d'un programme d'élevage fondé sur les connaissances de la génétique. C'est ainsi que cette noble race ancienne prend son mort sur une base solide et donne une nouvelle jeunesse au vieux Newfoundland dog.



L'origine du Landseer, comme race étroitement apparentée aux chiens de montagne européens, pourrait laisser croire que ce chien n'a aucune vocation à devenir chien d'eau et de sauvetage, mais ce serait une lourde erreur.

Le Landseer possède des aptitudes comparables à celles de son cousin tout noir. Les propriétaires de Landseers ne manquent pas d'en faire régulièrement la démonstration, en entraînant leurs chiens à tous les exercices où brillent habituellement les Terre-Neuve : plongeons, nage, secours à des personnes, remorquage d'embarcations lourdement chargées. D'ailleurs, le standard du Landseer fait remarquer que la race doit montrer une palmure aux doigts bien développée.

De caractère équilibré, calme, peu exigeant, il n'a pas impérativement besoin d'espaces démesurés ou de beaucoup d'exercice. Néanmoins, cela n'est pas une raison pour l'en priver !

Voici donc un chien tout à fait spectaculaire, qui suscite admiration et curiosité : assurément, le Landseer mérite mieux que de rester à l'ombre du populaire Terre-Neuve.

La caractéristique la plus remarquable du landseer est certainement son attachement à l'homme. Rien ne peut lui faire plus plaisir, et rien ne lui est plus indispensable, que le contact étroit avec "sa famille".

Le landseer est, en quelque sorte, un petit chien trop grand, malicieux et joueur, affectueux et amical, un rien envahissant dans ses débordements. Il est intelligent et aime apprendre ; avec lui, travailler est un plaisir. Il montre beaucoup de joie au travail. Le landseer peut être dressé comme chien d'aveugle. Le caractère du landseer souffrirait par contre d'une vie en cage. Comme le terre-neuve, il apprécie le travail à l'eau.

Dans la maison et au jardin, le landseer est un gardien digne de confiance ; il reste attentif et distant avec les étrangers.

Le landseer est réputé pour son affabilité et pour sa douceur. Sa patience envers les enfants, sa bienveillance à l'égard des autres animaux, sa sociabilité avec les gens en font un excellent chien de famille.