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Cet épagneul nain anglais (toy spaniel) qui descend de l'épagneul de chasse du Moyen Age, se serait transformé voici quatre siècles en chien d'agrément. En 1570, mention est faite d'un « gentil spaniel, assez petit pour se nicher dans le giron des dames, dont il est le réconforteur ».
C'est à la Renaissance qu'il devient le chien de compagnie le plus recherché, non seulement en Angleterre mais aussi en Ecosse. On prétend que Marie Stuart a été accompagnée jusqu'à la mort par le sien.
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FAVORI DE CHARLES II
L'infortunée reine d'Ecosse transmit le virus à toute la lignée des Stuart, en particulier à son arrière petit-fils, Charles Il, qui régna de 1660 à 1685. Il en entretenait un grand nombre et les traitait non en protégés mais en favoris. Ils allaient et venaient à leur gré à Whitehall, ce qui était loin de plaire à tout le monde.
Samuel Pepys, chroniqueur de la vie londonienne, était de ceux qui s'indignaient de voir le souverain les emmener dans tous ses déplacements, même lorsqu'il s'occupait des affaires de l'Etat.
"Tout ce que je vois, écrivait-il, me confirme la niaiserie du roi, qui joue avec ses chiens sans arrêt, ne se préoccupant guère des devoirs de sa charge". Charles II allait même jusqu'à partager son intimité avec sa "meute", ce qui rendait la cour "répugnante et puante".
Les critiques réitérées de Pepys n'interdirent cependant pas au King Charles, c'est ainsi qu'on le nommait alors, de séduire l'aristocratie anglaise, et de façon durable.
UN SUCCES FOU
Si le Cavalier King Charles est depuis lors prophète en son pays avec 15000 naissances par an, son succès a été tardif en France. En 1970, on ne trouvait que 4 inscriptions au LOF, et 2836 l'an dernier. Claudine Métans, responsable de l'information au club, juge la qualité du cheptel très satisfaisante :
"Les premières importations, réalisées sans une connaissance suffisante des origines, nous ont valu faux pas et déception. Mais l'expérience aidant, nos chiens n'ont plus rien à envier à ceux d'outre Manche.
En ce qui concerne les tricolores, je dirais que l'élève a dépassé le maître." Bel hommage au travail des éleveurs sérieux ! La réponse fuse "C'est le champion des quatre pattes sans souci !".
Toujours présent, jamais importun, fort peu encombrant sans être pour autant miniature, le Cavalier est un lutin, un compagnon extraverti et divertissant. Insouciant, il n'entretient aucune à priori à l'égard du genre humain et n'attend pas d'avoir été présenté aux inconnus pour leur en faire la demonstration.
D'où le surnom dont les anglais l'ont affublé "l'infidèle" ce qui est on ne peut plus immérité. Mieux vaudrait dire qu'il est opportuniste, pas exclusif pour deux sous. C'est le chien de toute la famille.
Il est fou des siens, mais capable de les attendre tout en vanquant à ses occupations. "Il joue le nez au vent dans le jardin, traque les escargots, se roule dans l'herbe, revient avec une fleur ou une brindilles aux lèvres, qu'il a cueillie pour vous, c'est sur !" raconte une inconditionnelle.
Doux, affable, toujours adorable. Le Cavalier King Charles est en passe de devenir un « standard ». mine de rien. II plaît à tous. C'est le champion des quatre pattes sans soucis !
L'AMI DE TOUS
Gentil et affable, le Cavalier King Charles est l'ami de tous, à commencer par les enfants.
« Avec eux il partage une passion : la téléphagie. Et son plus grand plaisir, lors d'une émission animalière, consiste à chercher derrière le récepteur les animaux qui viennent de quitter l'écran. Ce faisant, il lui arrive de débrancher le magnétoscope. Si vous le grondez, il ne boude pas. Il prend un air penaud et vous adresse une oeillade langoureuse » nous confie-t-on.
Qui plus est, nombre de Cavalier King Charles ont été utilisés en thérapie pour tirer de leur mutisme de jeunes autistes. En ballade, le Cavalier ne fugue pas, mais il est actif et entreprenant. On parle de sujets qui chassent, d'autres qui pêchent la carpe.
On précise aussi que tous, très confiants, se portent spontanément vers les autres races dans l'espoir de trouver un compagnon de jeux : « Tous ses congénères n'étant pas aussi bien disposés que lui, en ville et dans les endroits très fréquentés, il est préférable de jouer la carte de la prudence et de le tenir en laisse. »
Toujours de bonne humeur, notre compère n'en est pas moins fantaisiste. Très british, il adore le thé au lait et les toasts. Au petit-déjeuner, il couve des yeux le grille-pain.
Dépourvu de toute agressivité, il s'entend à merveille avec le chat et (c'est logique) tout ce petit monde se ligue pour satisfaire de coupables desseins dès que vous avez le dos tourné. Très doué pour le saut et doté d'un solide appétit, il est bien armé pour le chapardage. A tel point qu'on le dit redoutable à la cuisine.
En outre, il connaît l'heure. « Iris a une pendule dans le ventre », remarque ce boucher. « Dans la journée, elle reste tranquille dans l'arrière-boutique ou se fait bronzer dans la cour. Si je sers de la viande hachée à 19h25, elle ne bronche pas. A 19h30, elle couine derrière la porte pour recevoir son du avant même que je n'aie baissé mon rideau. Je n'ai toujours pas compris comment elle s'y prenait pour ê tre aussi précise »
Qu'importe ! Mais attention aux kilos superflus
LE MARCHAND DE BONHEUR
Bien que n’étant pas d’un naturel têtu, notre ami a parfois de la suite dans les idées. Ainsi cet étalon à la retraite qui, se languissant de ses prouesses passées, n’a pas hésité à se laisser maigrir afin de se faufiler entre les barreaux du parc ou séjournait une femelle en chaleur !
Cela dit, il s’éduque facilement, car il comprend vite vos attentes et dispose d’une excellente mémoire. Dans son pays natal, il participe aux épreuves d’obédience (lire obéissance) ou il obtient de jolis succès. Chez nous il pratique l’agility (avec autant de bonheur).
Un peu de patience alliée à un brin de bon sens auront tôt fait de lui un chien facile à vivre, ne suscitant aucune difficulté. Mais en des mains par trop permissives, il risque de s’encanailler. Là, gare aux caprices !
De l’avis général, ce chien-là aboie peu. « Sachez cependant qu’un sujet livré à soi-même trop longtemps ou trop souvent, qui s’ennuie, risque de devenir bavard. Voilà qui est compréhensible pour qui sait que le Cavalier ne réussit pas toujours à dissimuler son rêve le plus cher : vivre collé à son maître comme un bernicle à son rocher ! » remarque une éleveuse.
Si, comme nous l’avons laissé entendre, il est incapable de traiter quelqu’un en ennemi, il signale néanmoins tout bruit inhabituel, toute intrusion sur son territoire, mais sans jamais se départir de son amabilité. Ce chien de compagnie au meilleur sens du terme, il se comporte comme s’il savait qu’il n’a pas pour vocation de faire la police, embusqué derrière le portail.
Son truc, c’est de chasser l’ennui à la maison. Son destin : être un marchand de bonheur. Notre conclusion ? Non content d’avoir un long passé, le Cavalier a un bel avenir devant lui. Et un succès largement mérité !
LA LEGENDE DE BLEINHEIM
Non content d’être le plus célèbre des Cavaliers King-Charles, le Bleinheima sa légende. En 1704, la duchesse Sarah espérait vainement des nouvelles de son époux John Churchill, duc de Malborough, parti guerroyer en Bavière.
Un soir, alors qu’elle tenait sur ses genoux une épagneul blanc et orange qui attendait des petits, elle lui appuya fortement sur le front avec son pouce. Lorsque les chiots naquirent quelques jours plus tard, ils portaient tous sur le front une marque orange, « la marque du pouce de la duchesse Sarah ».
Et puisque sur ces entrefaites, on vint lui annoncer la victoire de son mari à Bleinheim, elle baptisa ainsi les petits épagneuls porteurs de cette marque distinctive. De nos jours encore, le standard mentionne cette « pastille » comme caractéristique de la variété.
L’AUTRE KING
Le Cavalier King-Charles a pour plus proche parent le King-Charles tout court, dit « Charlie ». Au physique, l’autre King est plus petit (3,5 à 6,5 Kg pour 25 à 30 cm. Au moral, il est introverti, exclusif et discret.
Le Charlie est aussi plus rare : 99 naissances en 1994, 186 en 1996. Il monte donc. D’autant plus que c’est lui, « le vilain petit gourmand » de Tuc soufflé !
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